Conférence atelier. Naître à sa voix. Communauté de Vie Chrétienne, Valence. (26). 🗓

Ecrit par le 13 février 2017 dans Blog, Evénéments, L'art-thérapie au service de la personne

L’atelier que je propose lors de la rencontre régionale de la Communauté de Vie Chrétienne s’intitule : « Naître à sa voix et accueillir le Souffle Divin ».

Il est destinée à des personnes qui souhaitent explorer l’implication du corps dans la phonation, leurs liens intimes émotionnels, sentimentaux, spirituels. Cette découverte se fait tant du point de vue d’une dynamique de groupe, que d’un point de vue individuel. Nous travaillerons la détente corporelle, le souffle au service de la phonation, le placement de la voix et certains chants de circonstance. L’atelier « Naître à sa voix » a pour objectif secondaire de faciliter la découverte d’un nouveau mode de relation, avec soi et les autres personnes.

Voici quelques idées qui ont participé à la genèse de cet atelier. Elles sont petites parties de l’histoire de l’art sacré occidental.

Paul Diacre, 720-799, moine et érudit italien a composé un hymne à saint-Jean-Baptiste : Ut queant laxis resonare fibris.

C’est à partir des premières syllabes de certains mots de cet hymne que Guido d’Arezzo nomme la gamme musicale. Guido d’Arezzo est un moine bénédictin italien né en 992 et mort après 1033.

Il est célèbre pour sa contribution à l’élaboration d’un système de notation sur portée.

UT queant laxis : Pour que puissent

REsonare fibris : résonner des cordes

MIra gestorum : détendues de nos lèvres

FAmili tuorum : les merveilles de tes actions,

SOLve polluti : ôte le péché,

LAbii reatum : de ton impur serviteur,

Sancte Iohannes : ô Saint-Jean.

La dernière note, SI, est une contraction des deux initiales de Sancte Johannes. Elle fut ajoutée par Anselme de Flandres à la fin du XVIe siècle et le UT, jugé trop dur à l’oreille, transformé en do par Giovanni Bononcini en 1673.

Cet hymne nous raconte, au-delà de sa forme et de l’histoire de la musique, le processus d’élévation de conscience auquel nous fait participer la musique… Platon n’affirmait-il pas déjà, quatre siècles avant l’ère chrétienne, dans le troisième livre de sa République: « La pratique de la musique est un moyen plus puissant que tout autre parce que le rythme et l’harmonie ont leur siège dans l’âme? Elle enrichie cette dernière, lui confère de la grâce et illumine vraiment celui qui reçoit une véritable éducation musicale. » Ne serions-nous pas là dans la manifestation des fondements historiques de la musicothérapie moderne?

Enfin, pour terminer cette évocation de l’histoire de la chrétienté, visitons la Règle de Saint-Benoit et ces termes : « Ecoute…, tu parviendras. » Benoît de Nursie est né vers 480 à Nursie, est mort vers 547 dans le monastère du Mont-Cassin. Saint Benoît, pour les catholiques et les orthodoxes, est le fondateur de l’ordre des Bénédictins. Vers 540, il établit à leur intention une règle de vie, la Règle bénédictine. Elle commence et se termine par ces termes : « Ecoute, mon fils, les préceptes du maître et incline l’oreille de ton cœur… Qui que tu sois qui renonces à tes volontés propres… tu parviendras… »

Nous avons là une invitation à l’écoute, de ce qui est plus grand que nous, une attention nouvelle à porter à la Parole.

L’inspiration, étymologiquement est « mouvements de l’âme dus à une influence divine ».

Souffle et Voix!

 

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